6 exemples d’Account-Based Marketing : du compte cible aux résultats

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Stratégie marketing (EN)

Six campagnes ABM documentées avec comptes cibles, comité d’achat, signaux d’intention et résultats — plus un cadre pour lancer votre première campagne.

MS
12/10/2026 18 min

Les exemples d’Account-Based Marketing les plus faciles à retenir sont souvent les moins faciles à reproduire. Une publicité conçue pour un seul grand compte, un colis personnalisé ou une landing page aux couleurs du prospect peut marquer les esprits. Mais le geste visible ne dit pas pourquoi ce compte a été choisi, quel comité d’achat devait être mobilisé, quel signal devait déclencher une action ni comment les commerciaux devaient prendre le relais.

Pour être réellement utile, un exemple d’ABM doit donc montrer la mécanique derrière la campagne. La chaîne de décision est la suivante : objectif business → groupe de comptes → comité d’achat → signal → dispositif ABM → action commerciale → KPI de résultat. C’est cette logique qu’une autre équipe B2B peut adapter ; pas nécessairement le canal ou le coup d’éclat.

Les six cas ci-dessous sont documentés publiquement. Lorsque les résultats proviennent d’un fournisseur, d’une agence ou d’un dossier de prix, cette provenance reste visible. Les chiffres indiquent ce que la source rapporte pour le programme concerné. Ils ne deviennent ni des benchmarks universels, ni une preuve que la tactique décrite a, à elle seule, causé le résultat.

Réponse courte — Quels sont de bons exemples d’Account-Based Marketing ?

De bons exemples d’ABM montrent comment un objectif, un groupe de comptes, un comité d’achat, un signal et une action commerciale s’articulent. Schneider Electric illustre la méthode et la sélection de comptes ; Bonterra, la segmentation par objectif et le passage de relais aux commerciaux ; Visier, l’expansion guidée par l’intention ; Code42 et Zoom, la priorisation des comptes à partir de signaux ; ZS Associates, un ABM destiné aux dirigeants et fondé sur la recherche.

Ce qui rend un exemple d’ABM vraiment utile

L’Account-Based Marketing (ABM) organise marketing et ventes autour d’un ensemble de comptes volontairement sélectionnés. L’unité de travail n’est donc plus seulement le lead individuel : c’est le compte, avec les personnes qui participent à la décision, les signaux observables et l’action suivante que l’équipe commerciale peut réellement exécuter.

Pour lire correctement les cas qui suivent, trois modèles d’ABM sont utiles. Ils décrivent surtout un niveau de concentration et de personnalisation. Ils ne fixent pas un nombre universel de comptes : le bon périmètre dépend de la valeur du compte, de la complexité du comité d’achat, des données disponibles, de la capacité commerciale et du coût d’une personnalisation crédible.

Modèle ABM Principe À privilégier lorsque…
One-to-One Un plan spécifique pour un compte stratégique la valeur du compte et la connaissance disponible justifient une recherche, des messages et une coordination commerciale réellement sur mesure
One-to-Few Un petit groupe de comptes partage un problème, un contexte d’achat ou un signal suffisamment proche un même dispositif peut rester pertinent pour le groupe sans devenir une campagne générique
One-to-Many / ABM programmatique Un ensemble plus large de comptes nommés est traité grâce à la segmentation, aux données et à l’automatisation la technologie permet de déployer le programme à plus grande échelle tout en conservant une logique de compte et des règles claires de priorisation

La qualité de la preuve compte autant que la sophistication de la campagne. Lorsqu’un rôle, un signal ou une action n’est pas publié, il reste inconnu.

6 campagnes ABM documentées, comparées sur la même chaîne de décision

Les six cas ne poursuivent pas le même objectif et ne doivent pas être comparés par un score unique. Le tableau sert plutôt à rendre visible ce qui se passe entre la sélection d’un compte et le résultat rapporté : quelle population est visée, quel signal modifie le traitement, ce que fait le marketing, ce que peuvent faire les commerciaux et quel type de preuve est réellement disponible.

Exemple Objectif business Groupe de comptes Comité d’achat Signal / critère Dispositif ABM Action commerciale KPI / résultat Qualité de preuve
Schneider Electric + MarketOne Structurer et déployer une méthode ABM commune sur des comptes stratégiques Comptes classés selon potentiel business et niveau de préparation marketing ; aux États-Unis, une liste de plus de 300 comptes a été ramenée à environ une douzaine Parcours complexe avec de multiples parties prenantes ; rôles exacts non détaillés pour chaque programme Potentiel du compte + niveau de préparation marketing dans le modèle de sélection Cadre ABM en sept étapes, guide d’exécution, modèle de sélection et déploiement auprès des équipes Action commerciale précise non publiée ; le cadre vise un alignement plus étroit entre marketing et ventes autour des comptes prioritaires MarketOne rapporte +40 % de pipeline commercial pour les équipes Moyen-Orient & Afrique par rapport à 2021 Cas agence/client ; résultat MEA, non France
Bonterra Expansion, conquête face à un concurrent et activation événementielle Groupes distincts selon l’objectif et le stade d’achat 5 à 15 décideurs et influenceurs ciblés par compte Engagement au niveau du contact + contexte de stade d’achat Publicité ciblée au niveau du contact, avec message adapté au groupe et au parcours Alerte Slack aux commerciaux puis séquence Salesloft lorsque l’engagement défini est atteint Influ2 rapporte 80 % des comités d’achat atteints, +39,7 % de conversion en opportunité, un taux de gain 2× supérieur et une valeur de contrat multipliée par 2,5 Cas fournisseur/client
Visier Développer les ventes au sein de comptes existants Clients et comptes Enterprise regroupés selon le module ou l’offre indiquée par l’intention Audiences par persona ; détail exact des rôles non publié Mots-clés d’intention liés à un module précis Audiences et publicités spécifiques au module via Demandbase et LinkedIn Les équipes commerciales et de marketing terrain choisissent le module à mettre en avant à partir des signaux d’intention Demandbase rapporte au moins deux modules supplémentaires vendus au client cité après un an Cas fournisseur/client
Code42 Passer d’une logique formulaires/MQL à la progression des comptes et aux opportunités Comptes identifiés par 6sense comme étant en phase active d’achat Parties prenantes des comptes actifs ; rôles exacts non publiés Comportements dans le Dark Funnel, centres d’intérêt et stade d’achat Vidéo LinkedIn, invitations à des tables rondes clients et contenu sans formulaire selon le stade Les équipes commerciales et marketing priorisent et personnalisent leurs prises de contact à partir de signaux de compte partagés 6sense rapporte +30 % d’opportunités, +30 % d’opportunités gagnées, +70 % de taille des contrats et 82 % de progression des comptes déjà en phase d’achat Cas fournisseur/client
Zoom Repérer plus tôt les comptes en phase active d’achat et créer davantage d’opportunités Comptes Tier 1/Tier 2 et comptes à forte propension et forte intention Rôles décisionnels exacts non publiés Données d’intention + modèle de propension à l’achat Publicité ABM personnalisée + contexte de compte partagé Listes de comptes prioritaires et contexte transmis aux commerciaux pour agir plus tôt Demandbase rapporte 6,25× plus d’opportunités ; un pilote commercial distinct rapporte +36 % de conversion des comptes engagés en opportunités Cas fournisseur/client
ZS Associates + Quarry Créer des relations exécutives, du leadership d’opinion et des opportunités stratégiques 30 comptes clients biopharma américains à fort potentiel C-suite, Chief Commercial Officers, VP et autres responsables seniors du changement Pas de trigger comportemental publié ; la recherche qualitative fournit l’insight de message Narratif B2E fondé sur la recherche, diffusé via médias payants, contenu, e-mail, microsite, livre blanc et expériences VIP La campagne ouvre de nouvelles conversations de niveau senior ; la séquence exacte signal → action commerciale n’est pas publiée B2B Marketing rapporte 100 % d’engagement des comptes et 40 M$ de nouveaux revenus en 2021 influencés Cas de prix / interview

Ce que ces six exemples enseignent vraiment

1. Schneider Electric : la méthode compte plus que la personnalisation visible

Schneider Electric est le cas le plus pertinent ici pour un lecteur français, non parce que le résultat chiffré proviendrait de France, mais parce que le groupe est directement reconnaissable en France et que le cas documenté par MarketOne expose une vraie méthode de travail. Schneider disposait déjà de programmes ABM sur des comptes stratégiques et cibles ; le problème était d’obtenir une approche plus structurée et un meilleur alignement entre marketing et ventes.

MarketOne et Schneider ont donc construit un cadre en sept étapes, puis un modèle de sélection des comptes qui combine notamment potentiel business et niveau de préparation marketing. Aux États-Unis, ce modèle a permis de ramener une liste de plus de 300 comptes à environ une douzaine jugée la plus prometteuse. L’intérêt de ce détail n’est pas le nombre final : il montre qu’une liste de comptes ne suffit pas. Une méthode ABM doit aussi décider où l’effort commercial et marketing mérite d’être concentré.

MarketOne indique par ailleurs que les équipes Schneider Electric du Moyen-Orient et d’Afrique ont accru leur pipeline commercial de 40 % par rapport à 2021 après le déploiement de la méthodologie. Ce chiffre est spécifique à la région MEA. Il ne décrit ni le marché français, ni l’ensemble du groupe, et ne permet pas d’isoler l’effet causal d’une tactique précise. Ce que le cas rend transférable est surtout la discipline : un cadre commun, des critères de sélection explicites et des équipes marketing et commerciales qui partagent la même lecture des comptes prioritaires.

2. Bonterra : segmenter selon le travail à accomplir, pas seulement selon le profil de l’entreprise

Bonterra montre pourquoi une seule liste de comptes cibles peut devenir trop grossière. Dans l’étude client publiée par Influ2, les campagnes d’expansion, de conquête face à un concurrent et d’activation d’événements sont gérées comme des groupes distincts. Bonterra cible 5 à 15 décideurs ou influenceurs par compte et adapte les messages à l’objectif et au stade d’achat.

Le point décisif se trouve dans le passage de relais. Lorsqu’un contact atteint le niveau d’engagement défini, le signal arrive dans un canal Slack suivi par les commerciaux ; une séquence Salesloft peut ensuite prendre le relais avec un contexte lié à l’interaction observée. Le marketing ne s’arrête donc pas au clic et les ventes ne découvrent pas le compte à froid.

Influ2 rapporte 91 % de réussite du passage de relais marketing–ventes, 80 % de comités d’achat atteints, +39,7 % de conversion en opportunité, un taux de gain deux fois supérieur à la prospection à froid et une valeur de contrat multipliée par 2,5. Ce sont des résultats de cas fournisseur/client, pas des objectifs à appliquer à un autre programme. La leçon la plus solide est ailleurs : des objectifs différents exigent des groupes de comptes, des signaux et des suites commerciales différents.

3. Visier : l’intention peut indiquer quoi vendre ensuite

Visier apporte un enseignement plus étroit, mais très utile pour l’expansion. Dans le cas client Demandbase, les mots-clés d’intention servent à déterminer quel module promouvoir auprès d’un compte existant. Les équipes commerciales et de marketing terrain construisent ensuite des audiences correspondant à ce module et les activent via Demandbase et LinkedIn.

Demandbase indique qu’après un an, le client cité avait acheté au moins deux modules supplémentaires et que d’autres opportunités restaient dans le pipeline. Le détail exact du comité d’achat n’est pas publié. L’élément transférable est donc précis : l’expansion devient un problème ABM à part entière, avec son propre signal, son offre à privilégier et sa priorité commerciale.

4. Code42 : changer la mesure change aussi la campagne

Code42 montre ce qui se passe lorsqu’une équipe cesse de prendre les formulaires et le volume de MQL comme principal signe de progrès. Le cas client 6sense décrit une transition vers les comptes en phase active d’achat, les signaux du Dark Funnel et la progression dans le parcours d’achat. Les actions documentées comprennent de la vidéo LinkedIn, des invitations à des tables rondes clients et du contenu accessible sans formulaire.

6sense rapporte +30 % de volume d’opportunités, +30 % d’opportunités gagnées, +70 % de taille des contrats et une progression pour 82 % des comptes déjà en phase d’achat. Le cas ne permet pas d’attribuer ces résultats à un seul canal. Le point à reprendre est la mécanique : le même signal de compte influence à la fois le message, la priorité et la prise de contact.

5. Zoom : un signal n’a de valeur que s’il modifie les priorités des commerciaux

Chez Zoom, le signal devient directement un outil de priorisation. Le cas Demandbase combine données d’intention, modèle de propension à l’achat et contexte CRM pour fournir aux commerciaux des listes de comptes prioritaires, y compris avant qu’un appel d’offres soit visible.

Demandbase rapporte 6,25 fois plus d’opportunités pour les comptes ciblés par l’ABM. Dans un pilote commercial distinct consacré à Zoom Contact Center et Zoom Revenue Accelerator, la source rapporte aussi une hausse de 36 % de la conversion des comptes engagés en opportunités. Les deux résultats doivent rester séparés. La leçon commune tient en une question opérationnelle : le signal modifie-t-il réellement qui le commercial traite, quand il intervient et avec quel contexte ?

6. ZS Associates + Quarry : pour parler aux dirigeants, commencer par une idée qui mérite leur attention

ZS Associates et Quarry proposent une forme d’ABM différente des exemples fondés sur l’intention. Ici, la personnalisation commence par la recherche. Le cas des Elevation Awards publié par B2B Marketing explique que des entretiens qualitatifs ont nourri le narratif « Business-to-Ecosystem ». Le dispositif visait 30 comptes clients biopharma américains à fort potentiel et des interlocuteurs seniors, jusqu’à la C-suite.

Le narratif a ensuite été décliné en médias payants, contenu, e-mail, microsite, livre blanc et expériences VIP. La logique est importante : le contenu n’est pas personnalisé parce qu’il porte le nom de l’entreprise ; il est pertinent parce qu’il part d’une recherche sur les problèmes et la manière de penser du public visé.

B2B Marketing rapporte un engagement actif sur les 30 comptes cibles et 40 millions de dollars de nouveaux revenus en 2021 influencés par la campagne. Le mot « influencé » fixe la limite de l’affirmation : la source ne démontre pas que la campagne a généré seule ces 40 millions. Ce cas vaut surtout pour sa séquence intellectuelle : recherche d’abord, point de vue ensuite, puis orchestration multicanale autour d’une idée commune.

Pris ensemble, ces exemples montrent que la sélection du compte n’est que le début. L’ABM devient réellement opératoire lorsqu’un signal ou un critère modifie le traitement du compte, que marketing et ventes partagent le même contexte et que le résultat est suivi au niveau du compte plutôt qu’à travers un simple volume d’activité.

Une tactique mémorable n’est pas encore une preuve de résultat

Le web regorge d’exemples d’ABM séduisants : cadeaux personnalisés, publicités ultra-ciblées, événements privés, pages dédiées ou messages construits autour d’un dirigeant. Ces idées peuvent être inspirantes. Mais voir la tactique ne suffit pas à démontrer son effet sur le pipeline ou le chiffre d’affaires.

Ce que la preuve montre Ce que l’on peut affirmer Ce qu’il ne faut pas déduire
Création ou campagne documentée publiquement La marque a utilisé cette tactique La tactique a généré du pipeline ou du revenu
Cas fournisseur/agence avec métriques La source nommée rapporte ces résultats Ces chiffres constituent des benchmarks indépendants
Cas de prix avec revenu « influencé » La campagne est créditée d’une influence sur ce montant La campagne a causé ou généré seule l’intégralité du revenu
Votre propre programme correctement instrumenté Ce que le CRM, l’analytics et le modèle d’attribution permettent réellement d’observer Une causalité que le dispositif de mesure ne sait pas isoler

Cette distinction change la manière d’apprendre d’une étude de cas. Une idée créative peut être intéressante à tester sans que son impact business soit publiquement démontré. À l’inverse, une méthode moins spectaculaire peut être un bien meilleur modèle si elle explique clairement comment le compte a été sélectionné, comment les équipes se coordonnent et quel résultat est mesuré.

Quel dispositif ABM choisir selon le problème à résoudre ?

Le bon point de départ n’est pas le canal. C’est la situation business que l’on veut faire évoluer. Ensuite seulement viennent le groupe de comptes, le comité d’achat, le signal observable et l’action commerciale qui doit suivre.

Si l’objectif est de… Signal ou condition utile Dispositif ABM à envisager Action commerciale suivante
Gagner un nouveau compte stratégique Adéquation à l’ICP + intérêt actif pour la catégorie + comité d’achat accessible One-to-One ou One-to-Few fondé sur une recherche propre au compte Prise de contact qui reprend le même insight que la campagne
Développer un client existant Intérêt pour un module, un cas d’usage ou un périmètre encore non équipé Segment d’expansion avec preuve et message adaptés Ouvrir le prochain comité d’achat et lancer une découverte centrée sur le nouveau besoin
Réactiver un compte bloqué ou perdu Contexte réellement nouveau : rôle, priorité, renouvellement, produit ou réglementation Réactivation déclenchée par le changement observé Repartir du nouveau contexte plutôt que répéter l’ancien pitch
Créer de la demande sur une niche définie Problème partagé par un nombre limité de comptes Événement, recherche ou contenu conçu pour les comptes cibles Prioriser les comptes qui montrent ensuite un comportement d’évaluation
Faire progresser une opportunité active Stade de l’opportunité + manque d’engagement d’une partie du comité d’achat Preuve et contenu adaptés au stade de décision Traiter le rôle, l’objection ou la preuve qui manque pour faire avancer le compte

Comme cadre de travail, la logique peut se résumer ainsi :

Objectif business → groupe de comptes → comité d’achat → signal → dispositif ABM → action commerciale → KPI de résultat.

S’il manque un maillon, la campagne reste souvent une idée incomplète. Une publicité personnalisée sans action commerciale prévue reste une publicité. Une liste de comptes sans signal de priorité reste une liste. Un KPI sans objectif business reste un indicateur sans direction. L’ABM prend forme lorsque ces éléments fonctionnent comme un même système au niveau du compte.

Chaîne de conception ABM : objectif, groupe de comptes, comité d’achat, signal, dispositif ABM, action commerciale et KPI de résultat.

Lancer une première campagne ABM en 6 étapes

Pour un premier programme, un périmètre réduit et explicite vaut mieux qu’une longue liste de comptes. Marketing et ventes doivent pouvoir se mettre d’accord sur les mêmes comptes, les mêmes signaux et les mêmes actions suivantes. Sinon, ce n’est pas l’ABM qui passe à l’échelle : c’est le coût de coordination.

Workflow en six étapes pour une première campagne ABM, de la définition de l’objectif à l’évaluation, puis au passage à l’échelle ou à l’arrêt.

1. Choisir un seul objectif business

Décidez d’abord ce qui doit changer : gagner de nouveaux logos, développer des clients existants, réactiver des comptes bloqués, soutenir un événement stratégique ou accélérer des opportunités actives. Un pilote qui mélange plusieurs objectifs devient difficile à piloter et encore plus difficile à mesurer.

2. Sélectionner un groupe de comptes volontairement limité

Les comptes doivent partager une raison crédible de recevoir le même dispositif. Cette raison peut associer adéquation à l’ICP, potentiel, moment du cycle d’achat, intention, produit déjà utilisé ou autre signal observable. Une liste construite uniquement sur la taille et le secteur explique rarement pourquoi la campagne doit démarrer maintenant.

3. Cartographier le comité d’achat

Identifiez les rôles qui peuvent porter le projet, l’évaluer, le bloquer, l’approuver ou l’utiliser. L’objectif n’est pas d’accumuler des contacts. Il est de vérifier que le dispositif peut toucher les personnes dont la participation est nécessaire pour faire avancer le compte.

4. Définir ensemble le signal, le dispositif et l’action commerciale

Pour chaque interaction importante, précisez ce que l’équipe commerciale fera lorsque le signal attendu apparaît. Participation à un événement, consultation répétée d’un contenu de preuve, engagement de plusieurs membres du comité d’achat ou changement de stade : si l’événement compte, l’action suivante doit être décidée avant le lancement.

5. Choisir le KPI de résultat avant la campagne

Un programme de conquête peut suivre la couverture du comité d’achat, la progression du compte, la création d’opportunités et le pipeline. Une campagne d’expansion peut davantage regarder l’ouverture de nouveaux périmètres, les opportunités de vente additionnelle et le revenu d’expansion. Le KPI doit refléter l’objectif, pas simplement le canal le plus facile à mesurer.

6. Examiner le parcours du compte, puis arrêter ou passer à l’échelle

Après le pilote, regardez quels comptes ont réellement progressé, quelles personnes se sont engagées, où le parcours s’est bloqué et quels signaux ont produit des conversations commerciales utiles. La bonne raison de passer à l’échelle n’est pas que la campagne a généré beaucoup d’activité ; c’est que l’équipe comprend assez bien le mécanisme pour penser qu’il restera valable sur un nouveau groupe de comptes.

Mesurer l’ABM au niveau du compte et du comité d’achat

Une campagne ABM ne doit pas être jugée uniquement sur les clics, les formulaires ou le nombre de leads. Ces mesures peuvent diagnostiquer un canal, mais elles ne disent pas à elles seules si le bon compte avance.

Les recommandations actuelles de Demandbase sur la mesure ABM insistent sur l’engagement au niveau du compte, la progression dans le parcours, le pipeline et l’attribution. Le guide métriques de 6sense met également en avant la participation du comité d’achat, les signaux d’intention, la progression du pipeline et les résultats de revenu.

  1. Couverture : les bons comptes et les rôles utiles du comité d’achat sont-ils réellement atteignables ?
  2. Engagement : plusieurs parties prenantes pertinentes interagissent-elles avec le dispositif ?
  3. Progression : les comptes passent-ils au stade suivant du parcours ou de l’opportunité ?
  4. Pipeline : les comptes cibles créent-ils ou font-ils avancer des opportunités qualifiées ?
  5. Revenu et expansion : quel revenu est directement attribué ou considéré comme influencé selon le modèle choisi, et quelles extensions de compte apparaissent ?

La prudence d’attribution reste essentielle. Un compte exposé à plusieurs campagnes, contenus et actions commerciales ne permet pas toujours d’isoler une cause unique. Le bon tableau de bord montre donc la progression du compte et la contribution observée sans transformer chaque interaction en preuve causale.

Ce guide s’arrête volontairement au choix et au lancement d’un premier dispositif. Piloter plusieurs programmes ABM en parallèle pose d’autres problèmes : collisions entre comptes, gouvernance récurrente, orchestration, capacité commerciale et mesure entre campagnes. Ce sujet appartient à un niveau d’exploitation différent.

Construire la logique avant de copier la tactique

La question utile n’est pas « quel exemple d’ABM pouvons-nous reproduire ? », mais « quel problème de compte voulons-nous faire évoluer, quel signal justifie une action maintenant, et que doivent faire marketing et ventes ensemble lorsque ce signal apparaît ? »

À partir de là, on peut emprunter à Schneider Electric sa discipline de sélection, à Bonterra sa segmentation par objectif, à Visier sa logique d’expansion, à Code42 son passage vers la progression des comptes, à Zoom sa priorisation commerciale par signaux ou à ZS Associates sa recherche exécutive. La campagne cesse alors d’être une tactique copiée pour devenir un dispositif centré sur le compte que l’équipe peut réellement piloter.

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Écrit par
Mahesh Sirvi
B2B marketing operator covering SEO, automation, and MarTech. Writing from experience running campaigns — not summarizing other people's playbooks.

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